Pour l’artiste Jan Bucquoy, Noël Godin
    incarnait le surréalisme à la belge


© Lionel Bonaventure / AFP / Noël Godin

Naar Noël Godin - Jan Bucquoy

Le joyeux entarteur Noël Godin, décédé dimanche à l’âge de 80 ans, était "unique", talentueux et d’un "optimisme total", décrit lundi son ami Jan Bucquoy, artiste et réalisateur. "Magritte incarnait le surréalisme à la belge mais Noël Godin, d’une autre façon, l’incarnait aussi."


5 août 2026,
par Belga

Les deux hommes se sont rencontrés dans les années 1980, alors que Jan Bucquoy travaillait sur une revue. Ils sont devenus amis et ont collaboré lors de certains "attentats pâtissiers". "J’en ai filmé quelques-uns", se souvient l’artiste. "Certains de Bernard-Henry Lévy, Bill Gates aussi."

Jan Bucquoy a également fait tourner Noël Godin dans plusieurs de ses films, dont "La Vie sexuelle des Belges", "Camping Cosmos" et le plus récent "La Dernière Tentation des Belges".

"C’était un de ces êtres qu’on ne fait plus", résume-t-il. "Il avait une culture incroyable. Il était complètement unique et il avait aussi un parler extrêmement développé. On aurait dit quelqu’un du siècle passé mais, en même temps, il disait des choses énormes, sous un langage extrêmement châtié."

Comme Coluche, Noël Godin a marqué son époque, considère son ami. Il estime pourtant que tous ses talents n’ont pas été exploités. "Il avait un talent de cinématographie, de connaissance totale de la littérature. Ce que je regrette beaucoup, c’est qu’il aurait pu avoir son émission de télévision tous les soirs, comme Coluche sur Canal +. Mais en Belgique, il a été très vite catalogué comme quelqu’un de pas sérieux."

Pour Jan Bucquoy, tout était possible avec Noël Godin, "une espèce de Peter Pan". "Ça se rejoignait un peu dans les entartages. On se disait : 'C’est quand même tous des prétentieux, on va leur foutre une tarte et au moins ça leur renverra le réel, ce qu’ils sont réellement.' Ce n’est que de la crème fraîche mais, finalement, on est tous égaux d’une certaine façon."