Plein Amour

Le désir n'a pas de légende - 14/20

 

Nederlands

Tu ouvres la nuit la plus pleine
de la pointe de tes seins.
Tu viens vers moi dans le tournoiement d'une ville
qui ne s'éclaire plus qu'a la clarté du désir.

Je ne saurai jamais la distance à parcourir
entre la lampe sourde de ton ventre et mon corps.
Je sais que je te rejoins dans un baiser
qui ne laisse point passer le jour.

Sous ma main ensablée dans les caresses,
il reste les hauteurs de ta gorge,
vers lesquelles j'avance,
la bouche pleine de soleil.

A force d'avoir mon visage contre ton visage,
j'oublie que le monde commence au delà de ton regard.
A jeter l'un dans l'autre nos plus sûrs filets,
nous ramenons tous les poissons de la joie.  

  

© Lucien Becker, Plein Amour, Gallimard, 1954