Plein Amour

Le désir n'a pas de légende - 17/20

 

Nederlands

Je suis prisonnïer de ton visage
À la façon dont un mur l'est du miroir.
Pesé par ton regard,
le monde perd son poids de pierres.

Le chant de ton sang sous la peau
est aussi doux à entendre
que celui des graminées
poursuivies par le vent.

Je sais que la mort ne peut rien me faire
tant que tu restes entre elle et moi,
tant que s'allume dans ta chair
l
e ver luissant du plaisir.

Le couchant tournoie sur chacun de tes ongles
avant d'aller grossir la terre d'une dernière montagne de clarté
et je peux voir à ton poignet les pas
que ta vie fait pour venir jusqu'a moi.

  

© Lucien Becker, Plein Amour, Gallimard, 1954