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O longues veillées des plantes dans le sol sans
feu
l'hiver s'est écroulé par grands quartiers de neige,
laissant un
jour pauvre et doux comme une paupière
au milieu des chaînes brisées
de la tempête.
Il y a un bruit de source dans les tempes
où In tète
est prise comme entre deux murs.
Il y a des racines qui tourmentent la
terre
et qui avancent à tâtons comme des taupes.
L'eau porte avec joie le jour d'où tant de fleurs
se détachent chaque fois qu'il touche les champs
et la colline est neuve et tiède comme un sein
qu'on découvre dans la
demi-clarté d'un rêve.
Un cri : on s'arrête. C'est un oiseau qui chante.
Des yeux : ce sont
les bourgeons qui fixent le monde.
Le ciel est une immense clairière
entre chaque nuit
et dans le corps le sang monte en hautes coulées.
Le ruisseau n'est plus en descendant les bois
qu'un
peu de granit où se heurte le soleil
et la terre écarte longuement les
herbes
pour que passe ce bras de lumière et de paix.
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