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Les
fleuves ne sont pas assez longs
pour prendre les mesures du monde.
Au fond de l'homme, le cœur sonde
un sang qui n'a jamais vu de ponts.
Battant toujours pour sa propre perte
comme un oiseau frappé en plein vol,
il sait qu'il n'atteindra point le sol
pour s'y poser, veines enfin ouvertes
Condamné à n'être qu'une bouée
retenue au milieu d'un vivant
dont personne ne peut lui dire le nom,
il feint d'ignorer le sort auquel il est voué.
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