Plein Amour

Le désir n'a pas de légende - 2/20

 

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Des que tu entres dans ma chambre
tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur
et c'est tout le ciel qui t'enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher

il faut qu'elles se fraient un passage
a travers les bles dans lesquels tu te tiens,
avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité
comme par une fenétre
au delà de laquelle le monde n'est plus
qu'une affiche qui se debat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps
qui est contre toi comme un mur
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins
que ma caresse trace sous ta peau.
 

  

© Lucien Becker, Plein Amour, Gallimard, 1954