Le monde sans joie

L'homme quotidien - 10/10

 

Nederlands

Le plafond trop bas écoute 
s'il monte quelqu'un dans l'escalier. 
La même ombre s'approche 
avec le même tintement de cœur.

Dans la chambre sans lampe 
que celle qui vient de la rue,
le feu fond dans ces cendres
et ne réchauffe pas la nuit

mes mains atteignent les choses
qui m'aiment en silence
comme des chiens trop doux.
Plus proche de moi que la douleur

la fenêtre m'éclaire de sa blessure.
J'ai vu, la nuit, des vitres béantes
qui suivent les gens comme des rails
et ne quittent qu'à la mort.

  

© Lucien Becker, Le Monde Sans Joie, 1945, Gallimard