Le monde sans joie

La solitude est partout - 15/15

 

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Il y a mieux que ces faces amères, 
que ces crises trop voyantes de misère 
où le front se pose contre la vitre 
de toute sa pierre sans larmes,

où le soleil reste sur les murs 
sans pouvoir se détacher du soir, 
où le vent sépare sans bruit 
des plantes qui se referment sur lui.

J'oublie qu'il faut mourir parmi les herbes 
entourées d'une écorce de soleil, 
parmi ceux qui reviennent des champs 
d'un pas familier pour la terre et le soir

parmi les chants qui se joignent
au-dessus des chemins, au-dessus de la nuit,
parmi les bois qui font du ciel
tant de regards sans visage, ni chaleur.

  

© Lucien Becker, Le Monde Sans Joie, 1945, Gallimard