Le monde sans joie
Vivre dans l'éternité - 13/15
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Les oiseaux perdent haleine à suivre la trace du jour dans le soir qui s'avance au pas de l'éternité. La jetée d'un éclat augmente un front furtif qui disparaît, captif du corps de la nuit. Plus blanche est la morte qui n'a plus que ses paupières. Plus dur est le chemin qui traverse les blés. Les hommes qui se lèvent ont des lèvres de terre parce que le sommeil monte en eux du sol chaud.
© Lucien Becker, Le Monde Sans Joie, 1945, Gallimard