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La mort n'a pas besoin de souffler en tempête
pour abattre en plein soleil sa forêt d'hommes.
Chacun d'eux avec sa poignée de terre dans la bouche
s'étonne d'être encore plus seul qu'au temps où il vivait.
Je m'enfonce dans mon propre tunnel
avec un ciel qui me serre aux tempes
et dans mon corps je ne suis pas plus vivant
qu'un noyé que la mer promène de port en port.
L'aube a du mal de s'élever des égouts
qui font à la ville un cœur de boue.
L'aube doit arracher les toits un par un
pour toucher un seul dormeur de sa rosée.
Ce n'est qu'une lame entre le jour et la nuit,
entre la plaine et les arbres, entre leur cime et le ciel,
entre le sang et la peau, entre le regard et les cils,
entre un être et le reste du monde.
Mais un homme qui veille pour tous les autres
pousse d'un seul coup les fenêtres
immobiles entre les murs comme un étang
et dans l'ombre ouverte dans le dos
s'ordonnent des pierres hautes de soleil.
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