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La terre rassemblée sous les moissons
s'éloigne des chemins, s'éloigne des hommes
jusqu'au moment où bien au-dessus des prairies
elle se voit seule avec le soleil.
L'horizon recule sans compter les plaines
mal retenues par les routes, par les villages.
Le ciel n'a pas plus de poids pour l'espace
qu'une feuille qui tombe d'un arbre.
Je touche les limites d'un être
qui résonnent comme du métal sur le vide
et le champ qui passe entre mes jambes
s'élargit pour recouvrir toute la terre.
Le monde va jusqu'à l'impasse du regard,
s'arrête devant la muraille qui s'élève
dans chaque homme entre sa vie et celle des autres
comme un témoin qui ne pourra jamais parler.
Je retourne ma peau dans tous les sens
et je retrouve sans étonnement le même visage
qui attend la fin du monde ou la fin du jour
comme peut le faire l'angle d'un mur.
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