|
Sur ton corps lisse de caillou
mes mains vont, forêts
en liberté,
comme vers des sommets d'où je retombe,
source altérée de
soleil.
Ton cœur est si proche de mon cœur
que nos artères se mêlent les unes aux autres
et ne retrouvent plus à nos fronts qu'une seule
tempe
pour faire battre l'espace.
Bateau venu de la haute mer,
je vais très loin au
fond de tes plages
et je me renverse dans les fougères
qui naissent de
ton corps entr'ouvert.
Lorsque nous n'avons plus pour respirer
que l'air écrasé
dans nos baisers,
le jour qui nous sépare a beau faire,
il n'arrive pas
à être aussi nu que toi.
|