|
Loin des villages caillés, loin des routes
qui courent voir le soleil se lever sur les usines,
nous descendons dans l'été
comme au fond d'une cloche sous-marine.
Avec le cœur remonté jusqu'à la mort,
nous
laissons le ciel se souder à nos yeux.
Je tiens ton visage dans ma main
ouverte
comme s'il était ma seule richesse.
Ton regard, lourd de cils, est si mince et si long
qu'il est facile à ma vie d'en faire son horizon.
Avec tout le poids de
l'espace sur la nuque,
tu viens, d'un seul baiser, te délivrer sur ma
bouche.
Il nous faudra des années
pour revoir l'oiseau de clarté
qui se jetait chaque matin dans la vitre
et qu'on retrouvait, tué, le soir en plein miroir.
|