L'été sans fin

Les pierres dans le soleil - 5/18

 

Nederlands

L'oiseau perd son chemin pour avoir pris en chasse 
un peu de soleil trouvé dormant sur un toit 
et qui s'est soudain rétracté par-dessus les champs 
comme s'il n'était que la branche d'un éventail.

On découvrira ses plumes le long d'un bois 
contre lequel il s'est jeté, déçu de voir 
si proches la prairie et l'immense forge des blés 
et si lointain l'horizon couronnant la terre.

Il y a des rameaux qui s'échappent des arbres 
pour remettre au couchant tous les fruits de l'été. 
Il y a des moissons qui vont en plein village 
mourir, épis trop lourds, au pied des fontaines.

Le soir s'enfonce de plus en plus dans la campagne 
où l'on entend mieux le bruit que fait une taupe
devenue sans le vouloir le pouls de la plaine
loin de la ville, reduite à quelques terriers de clarté.

  

© Lucien Becker, L'été sans fin, Editions de Chaumeane, 1961