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La tempête passe entre les doigts ouverts
en renversant le ciel parmi les feuilles mortes
et la terre ne dépasse plus de la terre
que par quelques arbres coulant avec leur mâture.
Les oiseaux perdus dans les branches se taisent,
les
bielles s'arrêtent dans les machines souterraines,
les chambres sans
plafond sont nues dans la bourrasque
qui troue la cendre froide où les
hommes se cachent.
Les nœuds de rosée n'ont pas tenu dans l'herbe
qui
pourchasse le vent en toute liberté,
surprise de voir la terre si dure et
si passive
aux coups que lui donne le nuage en plein vol.
Les ceps transis restent seuls dans les champs
au
milieu des os que tendent les chaumes.
Le monde est soudain vide comme un
couloir
où le moindre pas, le moindre mot résonne.
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