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L'hiver, on
peut tenir le soleil dans la main
comme un oiseau qui vient de naître ou va mourir
et il ne se souvient plus comment en juillet
il faisait fondre, au soir, tout le ciel sur la mer.
En plein jour, la nuit le fait sortir des ruisseaux
qui s'en vont pensifs dans la plaine indifférente
et sans que rien les trouble si ce n'est parfois
une bande d'oiseaux passant dans un bruit de train.
A la place immuable d'où, à chaque couchant,
il contemplait longuement la terre et les hommes
la neige et la boue ne forment plus qu'un charnier
d'où le jour restant fuit comme un vol de mouettes.
Les pierres le réclament à grands cris de gel
dans l'herbe qui s'est fait prendre jusqu'à son ombre.
On le retrouve quelquefois parmi des feuilles
qui ne sont que robe défaite au pied des arbres.
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