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Dans
les carreaux, l'homme regarde la neige.
Il tire le rideau parce que, dans la rue,
une femme s'en va qui emporte avec elle
le corps dont ils ont tous les deux longtemps vécu.
Dernières feuilles mortes chassées par le vent,
quelques oiseaux volent très haut dans la vallée
parce qu'ils n'osent plus s'arrêter sur les arbres
arc-boutés comme autant de fauves aux aguets.
Il a suffi d'une heure ou deux pour que la neige
fasse de la terre un quelconque amas de ruines
où seuls les ruisseaux savent comment circuler
tenus qu'ils sont en laisse par des rives sûres.
Mais il a fallu qu'une flaque perce et monte
en prenant doucement la neige sous les hanches
pour que les cailloux soient les yeux tout neufs d'un monde
où les sources sont belles, même sans soleil.
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